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La voie romaine de Nantes à Rennes




La voie romaine Nantes-Rennes en Loire-Atlantique

C. Comte - Avril 2014

Résumé

Cet axe nord-sud permet de mettre en relation Blain avec Nantes et Rennes. Cette page décrit uniquement le tracé en Loire-Atlantique.

Blain est situé idéalement au carrefour de 4 voies principales. L'axe est-ouest a plusieurs ramifications à l'est permettant d'aller au Petit-Mars, à Ingrandes et ou Saffré et Pannecé. Mais aussi des ramifications à l'ouest vers Rieux et Vannes, Missillac et la partie Est du Golfe du Morbihan ou Guérande.

Introduction

Les axes antiques ont très souvent été utilisés pour délimiter les paroisses au Moyen-âge, et nous le verrons de nombreuses fois sur ce tracé. Cependant il y aura quelques exceptions: un seigneur aura voulu agrandir son domaine au Gâvre, un bourg comme Notre-Dame des Landes est élevé au rang de commune, la voie la traverse maintenant par le milieu. Des croix ont pris la place des anciens milliaires ou leugaires pour définir des angles aux limites de deux paroisses et même pour trois ou quatre paroisses comme aux Quatre Contrées en limite nord du Gâvre.

Nous nous servirons des témoignages de membres de la Société Archéologique et Historique de Nantes dont celui de Léon Maitre qui nous livre un ouvrage complet en deux volumes sur l'antiquité de la Loire-Atlantique: "Les Villes Disparues de la Loire-Inférieure". Deux notices nous concerne l'une pour le site de Blain [1], et la seconde celle de Nantes [2]. Nous suivrons surtout pas à pas les instructions laissées par L.-J.-M. Bizeul [3][4], originaire de Blain.

Commune de Nantes

Léon Maître nous a laissé une carte des voies sortant de Nantes et plusieurs textes que je vais suivre [2, p. 523][5, p. 79]. L'axe de ces voies a été en partie conservée jusqu'au XIXe siècle car elles ont été entretenues ponctuellement au Moyen-âge car je cite L. Maître : "l'administration des ducs de Bretagne n'avait pas assez de ressources et assez d'officiers pour percer des routes et établir des chaussées solides".

L'enceinte de la cité de Condevincum avait sensiblement la taille de celle du début du (Voir aussi cet ). Aucune voie principale ne sortait par l'enceinte Nord de la cité gallo-romaine. Pour aller vers l'emporium de Blain, il fallait soit sortir par la porte Ouest d'où partent les voies vers ou et . Ou bien sortir par la porte Est d'où part la voie vers .

De la porte Est située à l'emplacement de la porte médiévale de Saint-Pierre, la voie commune à celle de Rennes et d'Angers se dirigeait en ligne droite sur l'église de Saint-Clément, en suivant l'actuelle rue du Maréchal Joffre. A cette église, notre voie bifurque au nord pour rejoindre les bords de l'Erdre soit par la rue Monfoulon [2, p. 530][5, p. 79] ou soit par l'ancienne rue de La Poudrière [3, p. 219] selon Bizeul. Ensuite la voie traverse l'Erdre et rejoint en face la rue Barbin qui s'appelait Chaussée Barbin [2, p. 530][5, p. 79][3, p. 204-216], elle prend la direction du Boulevard Courbet puis de la rue du Ballet.

De la porte Ouest située au carrefour des rues actuelles de La Marne et de La Paix, la voie commune à celle de Rennes, Vannes et Guérande suit l'actuelle Rue des Halles qui se trouvait au beau milieu de l'Erdre à l'. D'après L. Maître La voie suit depuis la Place du Cirque le tracé du tramway T3, ce qui correspond à l'ancienne rue du Marchix. En haut de cette rue où se trouve la station de tramway Jean Jaurès était un carrefour important [2, p. 533].

La voie de Vannes se dirigeait sur le cimentière de La Miséricorde [2, p. 534], la voie de Guérande sur la rue de La Bastille. Notre voie bifurquait vers le nord-est pour rejoindre la Chaussée Barbin, au environ de la rue actuelle du Ballet en passant par la Chapelle Saint-Lazare [5, p. 80] (site à retrouver). Elle traversait le ruisseau du Gué Moreau [2, p. 532][5, p. 80] dans l'axe de la rue Noire [2, p. 532] actuelle ou bien de l'ancienne rue du Général Bédeau de 1816 [6]. C'était l'ancienne route de Rennes avant l'ouverture de la nouvelle voie en 1764 [6], l'actuelle rue Bellamy. L. Maître a retrouvé un texte de 1596 qui mentionne le "grand chemin et pavé du Gué Moreau" [2, p. 532].

On serait tenté ensuite de prolonger la Chaussée Barbin plein nord jusqu'à l'actuel Pont de Cens par le Boulevard Schuman, mais notre voie se poursuit dans l'axe de la rue Noire citée précédemment vers un passage plus en aval sur le Cens dans le quartier universitaire de Petit-Port [3, p. 204] près de Port-Lambert [5, p. 80]. Si on consulte le cadastre de 1834 [7], on retrouve la mention Route de Rennes, mais surtout des lieux-dits comme Malabri, La Lombarderie près de laquelle se trouvait un hospice datant du moyen-âge, et si fréquent au bord des voies antiques [2, p. 530]. On laissait à l'Ouest l'ancien Prieuré de Loquidy ou "Locquidic" [5, p. 79][3, p. 204]. L. Maître a retrouvé un texte de 1464 qui mentionne "le grand chemin qui mène de Barbin au pont de Sence" [2, p. 531].

Alors pourquoi cette grande digression par l'Est au lieu de foncer plein Nord. Selon L. Maître les gallo-romains ont fait passé la voie à l'endroit où le Cens est le plus étroit [2, p. 530], d'une part et pour éviter une pente trop raide à Pont du Cens à la Gaudinière [2, p. 530], mais la carte IGN nous donne peut être la réponse. Un petit ruisseau descend de Launay-Violette [5, p. 80][3, p. 202] et fournit une rampe naturelle à la voie qu'il aurait fallu creuser à la Gaudinière. Dans ce vallon il y avait un moulin où L. Maître avait pu observer des débris de pavage [2, p. 531].

La voie laisse à l'Est Launay-Violette et poursuit à travers le champ de course actuel qui était un champ de manœuvres au XIXe [2, p. 531] jusqu'au quartier de la Chauvinière [3, p. 202] et rejoint l'actuelle Route de Rennes au Bout des Pavés [2, p. 531], carrefour qui mène à La Boissière [3, p. 201].

Elle suit la Route de Rennes actuelle jusqu'au carrefour avec la rue du Moulin des Rochettes , Bizeul nous indique qu'elle s'en détache vers l'ouest [3, p. 197] mais la "quatre voies" actuelle a été elle-même déplacée à l'ouest. Elle recouvre maintenant en partie la voie romaine, mais la DRAC Pays de La Loire a retrouvé l'axe antique à l'est de cette nouvelle route, voir pour sur l'Atlas des Patrimoines entre le Cardo et le lotissement de La Clarté [8].

En limite des communes de Nantes, d'Orvault et de Treillières

Depuis le Moulin des Rochettes qu'on peut voir sur la feuille H5 du cadastre de Treillières de 1839 [9] qui se trouve aujourd'hui au nord de la rue du même nom et sur la commune de Nantes, la voie fille en ligne droite sur la ferme de Tourneuve [3, p. 197]. Tout le long de ce parcourt Bizeul retrouve des traces de la voie [3, p. 197]. Elle est située à l'ouest de la route actuelle et sur la commune d'Orvault, feuille B3 du cadastre de 1839 [10]. Elle passe par des lieux-dits aux noms évocateurs comme Chemin de La Justice [3, p. 197].

De Tourneuve à l'ancienne allée du Château du Plessis d'Orvault, Bizeul l'a reconnait dans les terres de culture à l'ouest de la D537 [3, p. 196]. Elle disparait dans le bas-fond entre la Bussonnière [3, p. 196] et la Croix-Blanche et rejoint la D537 au Télégraphe [3, p. 192, 194]. Vis à vis de cette maison, sur la commune d'Orvault, il y avait une ferme dite de la Pierre-Plate [3, p. 192, 194, 196] ou "Jouneau" où on a trouvé une pierre de forme arrondie qui serait une borne antique [3, p. 192-193]. Aucune indication sur l'Atlas des Patrimoines [8].

De là, la voie suit la rue de La Levée des Dons en limites de commune ce qui est une marque d'ancienneté [2, p. 531], en passant par la Croix Verte, Pigeon Blanc (certainement une auberge). Elle rejoint ensuite Brillas ou "Breillat" [3, p. 190-201].

Elle fille en ligne droite sur le moulin de ChambouinBizeul l'a parfaitement identifiée [3, p. 190].

En limite des communes de Treillières et de Vigneux-de-Bretagne

Elle laisse La Bernardais [3, p. 190] au nord et rejoint La Fougeraie la voie plonge en ligne droite dans le vallon et devait franchir à gué le Ruisseau du Gesvereau. Elle laisse au sud la route actuelle du Bois Locart qui fait une boucle pour adoucir la pente. On voit très bien sa trace par la végétation qui occupent ses anciens fossés, l'ancien tracé est visible sur la feuille B3 du cadastre de Treillières de 1839 [9], la feuille B3 de 1947 (même ) indique la modification de tracé.

La voie est répertoriée par la DRAC au nord du pont sur ce ruisseau [8]. Ensuite la voie passe à l'est du Moulin de Launay, il n'y a pas d'erreur. Là encore il faut regarder la feuille B3 du cadastre de 1839 [9] pour s'apercevoir, le moulin a été déplacé. La voie romaine suit donc toujours la route actuelle et porte le nom d'Ancienne Chaussée de Redon à Nantes en 1839.

De même à la Madeleine où existe une très ancienne chapelle du Moyen-âge [3, p. 189] la voie laisse la route actuelle au sud et plonge en ligne droite dans le vallon porte toujours le nom d'Ancienne Chaussée de Redon à Nantes. Elle franchissait à gué la rivière de Gesvres à peu près au même endroit que le pont actuel [3, p. 188].

Sur le vallon méridional, il est probable que la voie monte tout droit le coteau sans faire le coude de la route actuelle qui figure déjà sur la feuille B2 cadastre de 1839 [9]. Alors que le Carte d'Etat-Major visible sur montre bien une voie en ligne droite. La voie traverse ensuite La Guittonnais puis rejoint le chemin des Fontenelles la Guitton. De tout temps ce lieu-dit a été séparé entre les deux paroisses [3, p. 187]. Cependant devant le manque de rectitude de la route actuelle, la voie romaine devait probablement passer quelques mètres au nord. Il faut remarquer au nord le lieu-dit Muzon qui pourrait indiquer la présente d'une auberge ou mutatio au bord de la voie.

Lors d'un diagnostic préventif, l'Inrap en 2000 [11] a confirmé le passage de la voie à la Rose Croix [8] sur le chemin des Fontenelles, une carte est visible dans le Rapport d'enquête préalable à la Déclaration d'Utilité Publique de l'aéroport [12, p. 71].

Commune de Notre-Dame-des-Landes

La découverte faite par l'Inrap sur la commune de Treillières confirme ce que Bizeul indique à La Fontaine de la Noë Verte [3, p. 185], au point de jonction triple des communes. Ce point a disparu et a été déplacé pour devenir un point quadruple lors de la création de la commune de en 1871. D'après le cadastre de 1835, le point triple qui nous concerne se situe entre la Boissière et l'ancienne gare de Vigneux.

Selon Bizeul la voie coupe la route de la Paquelais [3, p. 185] avec un angle très aigu près du Goutais. Elle traverse ensuite les cultures se situant à l'ouest de la voie rurale [3, p. 184], la D42 actuelle, depuis l'Epine où les premières maisons la recouvrent [3, p. 184] jusqu'au sud du bourg de Notre-Dame. Un aveu de 1542 indique un fief de La Chaussée de l'Epine [3, p. 184].

L'Inrap a confirmé le passage de la voie au Ruisseau de l'Epine [11] à une centaines de mètres à l'ouest de la D42, voir aussi sur la carte de l'enquête préalable [12, p. 71]. Sur l'Atlas des Patrimoines, la DRAC a placé le même identifiant à l'intersection avec la D42 à l'ancien passage à niveau du chemin de Fer à Goutais [13], point de passage déjà cité par Bizeul. D'ailleurs une section est visible sur la photo aérienne.

Sur l'Atlas des Patrimoines, la DRAC indique un site d'incinération gallo-romain dans la cour de l'école publique [8] au bourg de Notre-Dame, la proximité avec une voie est fréquent.

Bizeul retrouve la voie parfaitement conservée le long de la lande de la Vieille Forêt. Plusieurs terrains portent cette mention sur le cadastre de 1832, voir les feuilles O1 et P2 [14], ces terres sont situées au nord-est de l'actuelle D42 entre la croix du Bréac et les Terrains de Sport à 560m au sud. Bizeul nous dit que la voie porte le nom de Chaussée de la Vieille Forêt [3, p. 183]. Son "agger, ou empierrement en cailloux roulés de quartz, est intact en beaucoup d'endroit" [3, p. 183]. Il ajoute que son empierrement " a été appuyé dans ses côtés par un rang de fortes dalles en pierre, placées de champ" [3, p. 183].

Compte-tenu de l'ancienneté de la carte du cadastre de la commune (1832) par rapport aux constats faits par Bizeul, on peut penser que la voie romaine se situe dans cette partie en lieu et place de l'actuelle D42. On peut supposer ensuite que la voie fille en ligne droite entre les Terrains de Sport qui bordent la D42 et le point confirmé au Ruisseau de l'Epine [8] au sud du bourg.

Au nord, le coude que fait la D42 m'intrigue d'autant que sur les feuilles P1 et Q2 [14] apparait une belle ligne droite entre les terrains situés au nord-est de la D42, ce qui concorde avec Bizeul : " et, traversant diverses pièces de bois et de landes, où elle est encore très-marquée " [3, p. 182]. Elle passe à 200m de Brédeloup ou "Breil-de-Loup" [3, p. 182]. En suivant ces différentes indications, je propose un tracé de la croix du Bréac à 500m à l'est des premières maisons de Brédeloup, qui passe à côté de Sainte-Marie que je laisse à l'est puis une inflexion vers Sainte-Anne-du-Fouan que je laisse à l'ouest pour arriver au pont de l'Arche de Fouan [3, p. 180].

En limite des communes de Blain et de Fay-de-Bretagne

A l'Arche de Fouan [1, p. 337], la voie quitte la D42 et rejoint le village de La Garelais en suivant la limite de commune. A l'est de la voie et à l'ouest de la Rousselière ou "Rousselais" [3, p. 180] se trouve une dépression dont Bizeul pense qu'il s'agissait d'une carrière de pierres ouverte pour la construction de la voie.

A l'ouest de la voie se trouvait un étang asséché bien avant 1845, le "Radin" qui donna à la voie le nom de Chaussée du Radin [3, p. 180]. Bizeul nous confirme que la voie avait conservé sa parfaite intégrité. Le cadastre de 1835 nous indique d'ailleurs un Chemin de la Vieille Chaussée de la Garelais [15]. Elle passe ensuite le ruisseau du Gué Géraud au Pont Loquet [3, p. 180][15] qui était certainement un gué à l'époque antique comme en témoigne la toponymie.

Bizeul retrouve la voie très apparente entre le pont et la Clôture de la Violaye [3, p. 180], c'est certainement le chemin de Meluc qui figure sur le cadastre de 1835 [15]. Au delà sur le terre du Château de la Violaye, elle n'était déjà plus visible en 1845 [3, p. 179], mais les fermiers de l'époque en connaissaient parfaitement la direction.

Bizeul indique qu'elle passait à 2 ou 300m du château [3, p. 179], peut-être en limite de parcelles (inchangée depuis 1836) avec le Bois des Genêts, ce qui fait 400m. Ce point de passage est confirmé aussi par la DRAC [13]. Dans les Titres de 1542, les terres correspondantes avaient pour limites le Chemin Nantois du Pont Loquet [3, p. 179].

Commune de Blain

Bizeul nous la signale de nouveau entre Le Houssais et La Havardais [3, p. 178] où elle avait 20m de large entre ses contre-fossés. Ce point de passage est confirmé aussi par la DRAC [13]. Bizeul la perd ensuite mais la retrouve avec la même largeur et sa surface en cailloux roulés à l'emplacement de la route actuelle qui mène au château par La Brégeais. Il la suit pendant 200m jusqu'à l'intersection avec la D42.

Depuis l'intersection où se trouvait une croix visible sur la feuille I1 du cadastre de 1835 [15] jusqu'à la Chapelle Saint-Roch la voie suivait les pentes de et vers le ruisseau de La Madeleine. Au XIXe, la zone était inondée et formait un étang depuis l'antiquité, que la voie franchissait sur 550m par un remblais étroit de 5m et portait le nom de Chaussée Saint-Roch [3, p. 177-178]. Bizeul avait constaté à de maintes reprises que les voies romaines avaient une largeur réduite dans les zones humides [3, p. 178].

Bizeul constate avec plaisir, que la route actuelle pour relier Blain à Fay-de-Bretagne ait repris le tracé de la voie antique [3, p. 175], mais c'est certainement au détriment de sa conservation ! La voie passe donc entre le hameau de Saint-Roch et sa Chapelle [3, p. 176], à l'ouest et devant la Métairie de Champ Brunet [3, p. 176]. Dans cette partie la voie était méconnaissable: "il n'est resté que le statumen en moellons de grès quartzeux placés tels qu'ils sont sortis de la carrière" [3, p. 176].

La voie passe au Coin Du Parc [3, p. 175], indication visible sur la feuille I1 du cadastre de 1835 [15] et à la Porte de Fer [3, p. 176]. Ce point reste à localiser. La voie laisse le village du Gravier à l'ouest et rejoint l'IsacBizeul put l'observer dans l'axe du chemin qui mène au Château de La Groulais [3, p. 174]. La voie était connue sous le nom de Chemin de la Chaussée [3, p. 174].

Au Pont de l'Isac sur le canal Nantes-Brest, lors de sa construction en 1840 [3, p. 171-172][1, p. 337] on a découvert des pieux de bois à 2m de profondeur qui devait supporter une structure en bois. Léon Maître nous a dessiné un plan  [1, p. 346] du bourg avant 1825, ce qui nous permet de retrouver l'itinéraire emprunté par la voie entre la Croix Rouge et le hameau du Gravier [1, p. 337].

La description détaillée de la topographie du bourg antique [1, p. 340-361] que nous livre Léon Maître nous permet de penser qu'il y avait une forte activité commerciale et industrielle, très certainement favorisée par sa position au carrefour de ses quatre voies [1, p. 332-340]. Léon Maître a tenté de définir sa taille en localisant les puits [1, p. 351] et les sites funéraires [1, p. 353] qui étaient à l'époque en lisière de la ville. Le plan récapitulatif [16, p. 6 pl. 2] réalisé par l'Inrap reprend toutes ces informations et de plus nous confirme trois points de passage de la voie entre le Pont de l'Isac et l'intersection des rues Saint-Laurent et Pierre Morin

On ne connait pas encore le détail des éventuelles rues au centre du bourg et leurs intersections, mais on sait déjà que la chaussée de Rennes continue par l'actuelle Route du Gâvre sur une centaines de mètres [4, p. 9] puis s'en détachait vers l'est jusqu'au Grand Moulin de Galais [4, p. 8] qui a été construit sur la voie.

La voie était très apparente dans les cultures jusqu'au ruisseau de l'Emion puis réapparaissait après en arrivant au Moulin Maillard [4, p. 8]. D'ailleurs les cultivateurs avait renoncé à l'attaquer de peur d'abimer leurs charrues [4, p. 9]. Sur ce coteau, la voie sert de limite à une parcelle dans un acte de vente de 1751 [4, p. 9]. A ce moulin, elle se confond de nouveau avec l'actuelle D42 et ce jusqu'à la limite de commune [4, p. 10].

En limite des communes de Gâvre et de Vay

Passé le Moulin Maillard la voie bascule sur le côté ouest de la D42 mais en laissant à l'ouest le Moulin de Gâvre [4, p. 10]. Bizeul peine ici à y retrouver quelques fragments, mais il pense qu'elle rejoint le village de l'Anglechais [4, p. 10] en restant sur le bord ouest de la D42. Ensuite elle a été remaniée [4, p. 14] et sert de digue à l'étang de l'ancien Château de Gâvre du XIIIe. Notez ici le décrochement de la limite de communes, probablement son "fondateur, Pierre de Dreux aura voulu arrondir sa ville" [4, p. 17].

Elle entre ensuite dans le bourg de Gâvre, là encore le Bizeul peine à l'identifier, mais il est bien possible que les maisons qui bordent le côté ouest de la Grande Rue soient construites sur la voie. Un peu plus loin au nord du carrefour avec la D35 au droit d'un ancien manoir de la Chaussée, le chemin reprend toute sa puissance [4, p. 15]: "une épaisse stratification de cailloux roulés de quartz formant un agger encore convexe". Ce chemin est mentionné dans la Charte de Jean II [4, p. 15].

D'ailleurs si on consulte le cadastre du Gâvre de 1835, la route actuelle porte le nom d'Ancienne Route ou de Grande Route de Nantes à Rennes entre la Chaussée et le Bas-Luc sur les feuilles C2, B4 et A4 [17]. Avant d'arriver au ruisseau de Clegreuc, Bizeul nous indique que la voie sur 300m "a 24 mètres de largeur entre ses deux contre-fossés ou berges, qui en ont eux-mêmes 3 sur 1 d'élévation" [4, p. 16].

Passé le ruisseau, il retrouve quelques traces de l'agger de la voie dans le pauvre chemin de Poebel mentionné sur la feuille A1 [17] qui suit sensiblement la route actuelle. Ensuite la voie passe à ouest de la route et se dirige vers le bord de la Forêt de Gâvre [4, p. 16] en limite de commune. Le fossé de séparation de la forêt est lui-même "établi sur le contre fossé de la voie" [4, p. 16].

Observez la limite de la forêt au nord-est: dans ce petit décrochement, la voie file tout droit à 40m du bord [4, p. 17] et rejoint directement la Croix des Quatre Contrées [4, p. 17]. Il est probable ici qu'un ancien milliaire ou leugaire a permis de définir la séparation des quatre paroisses.

En limite des communes de Guéméné-Penfao et de Marsac-sur-Don

Bizeul retrouve la voie avec toute sa puissance ici avec ses 24 mètres entre contre-fossés sur la lande de l'Epine des Haies [4, p. 17]. Il faut noter qu'en 1835 sur la feuille F du le cadastre de Marsac [18], la route du XIXe filait tout droit et évitait ce coude qu'on peut voir actuellement. Et donc Bizeul la voyait à l'ouest sur la lande depuis cette ancienne route.

Si on consulte de nouveau la feuille F, on constate que la route actuelle porte le nom d'Ancienne Route de Rennes à Nantes [18] entre la Croix des Quatre Contrées et celle de La Plantard près des terres du Trié. Ce carrefour était important car la feuille G2 [18] indique un Grand Chemin de Guéméné à Nozay qui vient de l'Est.

Depuis la Croix des Quatre Contrées jusqu'à la vallée du Don, la limite de communes n'a pas changé et la voie romaine en sert de limite. Elle reste encore très marquée [4] car des haies ont souvent poussé dans les anciens fossés de la voie voir même des grands arbres comme on peut le voir sur les photos aériennes et sur les photos joint ici à la carte.

Elle passe dans un profond vallon à l'est d'où est lové le village de Tahun ou "Tertre-Alun" [4, p. 18]. Ensuite elle passe par une échancrure probablement agrandie [4, p. 19] dans le coteau et bascule dans la vallée du Don.

Arrivé au bord de la rivière on trouve un barrage de forme convexe vers l'aval "qui sert de déversoir au moulin établi sur la rive droite" [4, p. 20]. Bizeul constate que bien que "de nombreuses réparations aient probablement changé la forme de la chaussée, on ne peut s'empêcher de lui assigner la même antiquité que la voie qui y arrive" [4, p. 20]. La DRAC n'a pas confirmé son ancienneté [19].

Commune de Conquereuil

Si on consulte le cadastre de 1834, la feuille E [20] indique en pointillé une Ancienne Route Abandonnée de Rennes à Nantes entre le Pâtis Vert et La Gare. La DRAC confirme son passage entre le Mortier du Faux et Le Fretay [19]. De plus, on peut la prolonger encore de quelques centaines de mètres vers le sud d'après la mention sur la feuille F2 du cadastre rénové de 1939 (même ). Ensuite sur la photo aérienne disponible sur IGN apparait des traces obliques dans les parcelles ZS46 et ZS51 (voir ). En 1847, la voie semblait être encore bien marquée dans les paysage malgré les remembrements [4, p. 22].

Donc on peut supposer maintenant que la voie file tout droit depuis le Don sur ce dernier point. Bizeul nous dit d'ailleurs qu'elle passe entre le Moulin de Pont-Veix, probablement celui du Chêne et le Bois de Couaveix [4, p. 21], mais les 400m mentionné par Bizeul semble exagéré.

Bizeul relate une bataille qui a eu lieu 992 sur la lande de ConquereuilConan de Bretagne trouva la mort [4, p. 24-25]. Bizeul soutient "que le mouvement des armées, au moyen-âge, suivait presque toujours les voie romaines, qui étaient, à cette époque les seuls chemins militaires" [4, p. 25].

La feuille D1 [20] indique ensuite une Route Abandonnée de Nantes à Rennes entre le hameau de La Rémière ou Rénière [4, p. 26] et une ancienne carrière en limite de communes à 600m à l'est de Raumur. Il semble que la route actuelle soit d'ailleurs tracée sur la voie elle-même comme l'indique le cadastre rénové de 1939 (même ).

A 1800m à l'ouest de la voie se trouve la carrière de Coisma dont a été extrait selon Bizeul l'empierrement supérieur de la voie [4, p. 26] dont la roche ne se trouve nul part aux abords de cette voie.

Entre La Gare et La Rémière, on peut supposer que la voie suivait sensiblement la route actuelle à l'est des villages des Mortiers, Etival et de la Chênaie [4, p. 26]. De plus le lieu-dit La Mare de la Planche a une certaine ancienneté, d'autant que la DRAC mentionne un site funéraire de l'Âge du Bronze [19].

Commune de Pierric

Si on consulte le cadastre de 1834, la feuille I [21] indique un chemin intitulé Ancienne Route de Rennes à Nantes entre l'ancienne carrière de Raumur, la Croix-Neuve (D3) et Bellevue (D43). Ce chemin est encore visible sur le cadastre rénové de 1958 (même ). De plus la DRAC confirme son passage entre le Vignau et Geston [19], Vignau est indiqué comme un site d'occupation antique.

A 500m au nord de Bellevue, sur la feuille E4 [21] deux traits pointillés orienté nord-sud signalent une Ancienne Route de Nantes à Rennes située à 180m à l'ouest de la route de Bellevue à Cher ou Chère. Ces traits vont jusqu'au début des terres de La Brûlais 350m au sud du hameau du Cher. Bizeul nous confirme son passage entre Coivaux et Trémelon [4, p. 27] où elle était bien conservée dans une petit plaine marécageuse.

Elle se dirige donc vers le hameau du Cher et selon Bizeul traverse la rivière de Chère près du Moulin du Cher à Foulon placé sous le village la Hagouais [4, p. 27].

Vous trouverez la suite du tracé en Ille-Vilaine prochainement, mais en attendant, je vous invite à suivre l'itinéraire documenté par L.J.M Bizeul [4, p. 29-52].

Références

  1. Léon Maître. "Blain - Centre industriel et commercial des Namnètes" - Géographie Historique et Descriptive de la Loire-Inférieure - Les villes disparues de la Loire-Inférieure. vol. I. pp. 251-370. 1893. Document disponible sur http://gallica.bnf.fr
  2. Léon Maître. "Nantes avant les Normands" - Géographie Historique et Descriptive de la Loire-Inférieure - Les villes disparues de la Loire-Inférieure. vol. I. pp. 371-540. 1893. Document disponible sur http://gallica.bnf.fr
  3. Louis Jacques Marie Bizeul. "Voie Romaine de Blain à Nantes" - Annales de la Société Académique de Nantes et du département de la Loire-Infèrieure. vol. 16. no. 1. pp. 171-224. 1845. Document disponible sur http://books.google.fr
  4. Louis Jacques Marie Bizeul. "Voie romaine de Blain à Rennes" - Annales de la Société Académique de Nantes et du département de la Loire-Infèrieure. vol. 18. no. 1. pp. 8-52. 1847. Document disponible sur http://books.google.fr
  5. Léon Maître. "La Conquête de la Basse-Loire par le réseau des voies romaines" - Bulletin de la Sociéte archéologique de Nantes et du département de la Loire-infèrieure. vol. 49. pp. 69-98. 1908. Document disponible sur http://gallica.bnf.fr
  6. Edouard Pied. "Notices sur les rues de Nantes" - . pp. 331. 1906. Document disponible sur http://http://fr.wikisource.org/
  7. (1834) Nantes Cadastre ancien . Fonds d'archives numérisées. Loire-Atlantique. (Cadastre ancien C1 Loquidy (section de)). Image disponible sur http://www.loire-atlantique.fr (Consulté le 28/3/2014)
  8. (2013) Atlas culturel, atlas des patrimoines. Ministère de la culture et de la communication [Ed]. (Orvault et communes limitrophes (44)). Carte interractive disponible sur http://atlas.patrimoines.culture.fr (Consulté le 6/3/2014)
  9. (1839) Treillières Cadastre ancien. Fonds d'archives numérisées. Loire-Atlantique. (Cadastre ancien B3 Launais (section de) 1839 ). Image disponible sur http://www.loire-atlantique.fr (Consulté le 7/3/2014)
  10. (1839) Orvault Cadastre ancien. Fonds d'archives numérisées. Loire-Atlantique. (Cadastre ancien C2 Bourg (section du)). Image disponible sur http://www.loire-atlantique.fr (Consulté le 29/3/2014)
  11. Patrick Bellanger, Joël Cornec, Caroline Pinoteau. "Notre-Dame-des-Landes - rapport de Prospection - Inventaire" - Institut National de Recherches Archéologiques Préventives. 2000. Bibliographie disponible sur http://dolia.inrap.fr
  12. (2012) Projet d'Aéroport du Grand-Ouest - Enquête préalable à la Déclaration d'Utilité Publique - Patrimoine Culturel. Les Services de l'Etat en LoireAtlantique. (Pièce E - Etude d'impact - Partie 6). Document disponible sur http://www.loire-atlantique.gouv.fr/ (Consulté le 2/3/2014)
  13. (2013) Atlas culturel, atlas des patrimoines. Ministère de la culture et de la communication [Ed]. (Canton de Blain (44)). Carte interractive disponible sur http://atlas.patrimoines.culture.fr (Consulté le 1/3/2014)
  14. (1832) Notre-Dame-des-Landes Cadastre ancien. Fonds d'archives numérisées. Loire-Atlantique. (Cadastre ancien P2 Londuc (section de) ; 940-1115). Image disponible sur http://www.loire-atlantique.fr (Consulté le 29/3/2014)
  15. (1836) Blain Cadastre ancien. Fonds d'archives numérisées. Loire-Atlantique. (Cadastre ancien G4 Conillais (section de La)). Image disponible sur http://www.loire-atlantique.fr (Consulté le 1/3/2014)
  16. Patrick Bellanger, Joël Cornec, Roland Le Guévellou, Sylvie Yare-Fall. "Fouille préventive - Blain, 40 rue de Nantes " - Institut National de Recherches Archéologiques Préventives. pp. 90. 2002. Bibliographie disponible sur http://dolia.inrap.fr
  17. (1835) Gâvre (Le) Cadastre ancien. Fonds d'archives numérisées. Loire-Atlantique. (Cadastre ancien C2 Maillardais (section de La) ; 451-946). Image disponible sur http://www.loire-atlantique.fr (Consulté le 15/3/2014)
  18. (1835) Marsac-sur-Don Cadastre ancien. Fonds d'archives numérisées. Loire-Atlantique. (Cadastre ancien F Carnaval (section du) ; 1-517 1835). Image disponible sur http://www.loire-atlantique.fr (Consulté le 15/3/2014)
  19. (2013) Atlas culturel, atlas des patrimoines. Ministère de la culture et de la communication [Ed]. (Canton de Guéméné-Penfao). Carte interractive disponible sur http://atlas.patrimoines.culture.fr (Consulté le 16/3/2014)
  20. (1834) Conquereuil Cadastre ancien. Fonds d'archives numérisées. Loire-Atlantique. (Cadastre ancien E Landes (section des) ; 1-88). Image disponible sur http://www.loire-atlantique.fr (Consulté le 16/3/2014)
  21. (1834) Pierric Cadastre ancien. Fonds d'archives numérisées. Loire-Atlantique. (Cadastre ancien I Cavareux (section de) ; 1-858). Image disponible sur http://www.loire-atlantique.fr (Consulté le 16/3/2014)
  22. La voie romaine de Rennes à Nantes (sur voiesromaines35)
    http://voiesromaines35.e-monsite.com/pages/1-j-voie-de-rennes-a-nantes.html
  23. Treillières. La borne milliaire des Brillats et les autres bornes du XIXe siècle.
    http://treillieresaufildutemps.blogspot.fr/2012/03/treillieres-et-ses-bornes.html
  24. La Voie Romaine de Pont-Veix - CONQUEREUIL (sur tourisme-pays-redon)
    http://www.tourisme-pays-redon.com/fr/decouverte-patrimoine-circuitsdinterpretation/circuits-dinterpretations-voie-romaine-pontveix-conquereuil.html

La voie romaine Nantes-Rennes en Ille-et-Vilaine

C. Comte - Juillet 2014

Ajout octobre 2024 : complément sur la commune de Laillé

Résumé

Cet axe nord-sud permet de mettre en relation Blain avec Nantes et Rennes. Cette page décrit uniquement le tracé en Ille-et-Vilaine.

La voie que nous avons décrite en entre en Ille-et-Vilaine par le sud du département sur la commune de Grand-Fougeray après avoir franchi la rivière de Chère à l'ancien Moulin du Cher à Foulon [1, p. 27]. Elle file pleine nord entre la vallée de la Vilaine et la route nationale N137. Elle croise un axe est-ouest très important, celui d'Angers-Carhaix au point triple des communes de Messac, Bain-de-Bretagne et Pléchâtel.

Introduction

Nous nous servirons du témoignage de Adolphe Toulmouche qui nous laisse ouvrage très complet sur l'histoire gallo-romaine de Rennes [2] qui nous permettra de suivre pas à pas l'entrée de la voie dans l'agglomération rennaise. Il nous fourni en plus une description très précise de la structure de la voie, que le service archéologique rennais a pu valider lors d'une fouille préventive à Bourg-des-Comptes [3]. Nous poursuivrons la lecture des instructions laissées par L.-J.-M. Bizeul [1] archéologue originaire de Blain. Nous présenterons aussi les descriptions faîtes par Paul Banéat [4] pour étayer l'itinéraire de Bizeul ou proposer une alternative. Nous garderons sous le coude l'Atlas des Patrimoines qui nous fournit des liens vers des rapports de fouilles ou de diagnostics du service archéologique rennais. Enfin nous pouvons remercier le CERAPAR qui nous a été d'une aide très précieuse grâce aux prospections qu'il a réalisés.

Commune du Grand-Fougeray

La voie passe probablement près du village de la Hagouais ou "Hagonais" [1, p. 29][4, p. 39] mais on ne sait pas si c'est à l'ouest ou à l'est de celui-ci, de même Bizeul pense que la voie passe à l'ouest ou devant le village de la Bourgeonnais ou "Bourjouinais" [1, p. 29] puis à l'est de la Bergerie [1] et probablement devant l'ancien Moulin de la Bergerie. En effet les moulins ont été construits souvent au bord de ces voies au Moyen-âge ou sur la voie même après sa désaffection comme on a pu le voir sur certaines sections de cette même voie en .

Au nord du village de la Roulais [1, p. 29], Bizeul "retrouve la voie, formant encore une chaussée convexe, quoique ayant perdu en quelques endroits sa couche supérieure de cailloux roulés, et réduite à un fort empierrement de moellons de différentes grosseurs" [1, p. 29]. La voie rejoint un chemin qui existe encore sur la carte IGN au nord de la D56 à 500m à l'est de la Butte du Venay. Ce chemin est présent sur le Cadastre napoléonien de la commune et porte le nom d'Ancien Chemin de la Duchesse, voir la feuille JJ3 [5]. Bizeul nous dit "[qu'elle] va passer à 400m à l'est du moulin à vent du Chesne-Poirier. Sur toute cette lande elle est très apparente et d'une parfaite conservation. Sa largeur est de 20 mètres entre les contre-fossés, un peu aplatis, mais bien marqués, et dont la base n'a pas moins de 5 mètres" [1, p. 32][4, p. 38].

La voie continue par la route qui mène à l'ancien manoir de la Raie ou "Raye" puis passe tout près de celui-ci en le laissant à l'ouest [1, p. 33]. Bizeul nous relate que la Duchesse Anne et les sires De Rohan, seigneur de Blain faisaient halte ici sur leur chemin vers Rennes. Le site Topic-Topos ajoute que le "manoir est précédé d'une cour pavée de blocs de grès qui se trouvait juxtaposée à la voie romaine allant de Blain à Rennes" [6]. La voie plonge ensuite dans le vallon du ruisseau du Plessis puis plus au nord dans celui-du Gras en dessous de Brandeneuf.

Ce point est confirmé par la DRAC Bretagne sur l'Atlas des Patrimoines [7]. Et la prospection faite par le CERAPAR a permis de détecter des "bombés caractéristiques en milieu boisé" et un radier au franchissement du Gras [8, p. 16]. La voie continue vers le nord vers Gras-Launay [1, p. 34] par le chemin situé à 300m à l'ouest du village de Brandeneuf [1, p. 33] où elle passe au milieu du parc éolien. Ce chemin porte le nom d'Ancien Chemin Pavé sur les feuilles DD3 et DD4 du Cadastre napoléonien [5] et ce jusqu'à la limite de commune. Un enclos daté de l'Antiquité est mentionné à 100m à l'est de la voie sur l'Atlas des Patrimoines [7].

Commune de La Noë-Blanche

Dans le prolongement du Chemin Pavé, Sur le cadastre de 1838 de la commune de Messac (la Noë n'étant qu'un bourg avant 1852), un chemin est tracé en direction du Gras-Aulnay sur la feuille K5 [9]. Il délimite toutes les parcelles dans cette zone (le parcellaire actuelle a été complètement revu dans cette zone). Au nord de ce village, un chemin mène à Bénerais. [4, p. 38]. Ce chemin existait déjà en 1838 sur la feuille K4 [9] quand Bizeul relate cet itinéraire [1, p. 34]. Au delà vers le nord, Bizeul indique que la voie doit passer près d'autres villages Plessis, La Brosse et Carrefort [1, p. 64] mais n'en retrouve pas de trace.

Des traces d'occupations et d'enclos datés de l'Antiquité sont mentionnées sur l'Atlas des Patrimoines [10] à l'ouest du bourg de la Noë. Deux lieux-dits portent le nom de moulin : Chaignet et Terre Noire 100m à l'ouest du bourg. Banéat suppose que la voie passerait de même à l'ouest près de Couëgromet ou "Coët-Grannet"? [4, p. 38].

Un second point vient étayer cette hypothèse, ce sont les gués aménagés sur les ruisseaux du Pont au Roux et de Pomméniac qui contourne le Plessis et La Brosse-Robert. Il est mentionné Planche sur la feuille H1 [9] pour trois gués : l'un est situé sur la route de La Brosse à Liais. itinéraire proposé par Bizeul [1, p. 34], le second plus à l'est et au sud-ouest de la Mérinais et enfin le dernier -au nord-ouest de La Brosse entre les confluents des ruisseaux des Fontenelles venant de la Noë de Sagalon et de la Huais venant de la Lande de Bagaron.

En limite des communes de Messac et Bain-de-Bretagne

C'est la feuille G3 [11] du cadastre de 1838 de la commune de Messac qui nous fournit finalement une information importante : sur la limite de commune qui est sur le Ruisselet de Fontenelles au milieu de la Lande du Poué [1, p. 34] est mentionné un Ancien chemin Rennais [4, p. 36]. Ensuite la voie se poursuit vers le nord-est et rejoint le GR39 qui passe à l'ouest du village du Fresne-Erablet [1, p. 34, 37]. Les feuilles du cadastre napoléonien F6, F5 et E4 mentionne toujours ce Chemin Rennais [11].

Dans les terres de la Noë de Sagalon, à l'ouest du chemin actuel qui vient du Carrefort, l'Atlas des Patrimoines mentionne le passage de notre voie [10]. La prospection faite par le CERAPAR a permis de détecter un "bombé" dans le terrain jouxtant le chemin actuel, "une photo aérienne montre la trace de deux fossés parallèles espacés d'une vingtaine de mètres" [8, p. 16]. Un peu au nord où le GR39 qui vient de Messac rejoint le chemin de Carrefort, Bizeul retrouve une "voie pavée" [1, p. 38], le CERAPAR confirme "l'emprise réelle de la voie (8m) qui est beaucoup plus large que le chemin creux actuel. Le bombé y est encore visible" [8, p. 16].

La voie arrive à un "point triple" limite des communes de Messac, Pléchâtel et Bain-de-Bretagne. On trouve encore ici la preuve que les paroisses du Moyen-âge ont pris pour limite des anciennes voies romaines. En effet on est à l'intersection avec la voie Angers-Carhaix [4, p. 36] qui vient de Bain-de-Bretagne et va traverser la Vilaine à Pont-Neuf [1, p. 37] en la commune de Pléchâtel où les traces d'un pont daté de l'Antiquité est signalé par la DRAC Bretagne [10].

Commune de Pléchâtel

La voie continue vers le nord et emprunte encore ici une rampe naturelle formée par l'érosion d'un petit ruisseau qui se jette dans l'Etang de la Huais. Bizeul ne trouve trace de la voie probablement du faite de l'érosion continuelle [1, p. 38], ce que confirme les fouilles préventives faites avant l'ouverture de la carrière de pierre du Tertre des Blosses [12]. Mais il semble que la description faite par Toulmouche et aussi par Banéat [4, p. 36] concorde au moins avec la voie découverte lors d'une fouille effectuée en 1998 sur la commune suivante [3]:

Bizeul retrouve au sommet du plateau la voie dans toute sa puissance: "L'agger a 8 mètres de largeur; chacun des côtés plats de l'agger, 7 mètres; ce qui fait 22 mètres de largeur totale entre les contre-fossés, qui ont chacun 5 mètres de base" [1, p. 38]. Il identifie la voie jusqu'à la Richardière où un chemin mène à gauche vers le Plessix-Bardoult [1, p. 39]. La voie passe ensuite à l'Aubadais [1, p. 39], au nord de ce village au carrefour avec le chemin qui mène au village du Bréhil se trouvait une Croix des Chaussées sur la feuille J2 du cadastre napoléonien [13].

Elle continue par la Faroulais [1, p. 39][4, p. 35] où une villa a été signalée à 750m à l'est du village par la DRAC Bretagne [10]. Au nord de ce même village dans les pièces de terre situées entre le village et les terres du Conac, Bizeul retrouve la voie très apparente dans une petite lande [1, p. 40]. Un site d'occupation antique est signalé par la DRAC au bord de cette voie [10]. Un chemin est tracé en pointillé en 1837 sur la feuille C1 [13]. Le chemin qui est une route goudronnée aujourd'hui descend vers le village de La GréeBizeul à l'époque retrouve des traces de pavage [1, p. 40]. Plus haut il perd sa trace au Perray [4, p. 35] où il pense que le manoir est construit sur la voie même [1, p. 40] et il suit ce chemin qui continue vers le nord. Bizeul pensait que la voie traversait ensuite le Semnon au Grand Moulin, mais le meunier lui indiquât qu'elle passait plus en amont [1, p. 41].

Trois sites d'occupation de l'Antiquité sont confirmés en amont par la DRAC [10]. La prospection faite par le CERAPAR a permis de confirmer son passage au nord des Sept-Brouées dans les terres à l'ouest de la ferme de la Guesdonnière [14, p. 3] et de confirmer aussi un des sites d'occupation. A 100m à l'ouest de la voie, une Croix de la Maladrie est mentionnée sur la feuille B1 [13] au départ du chemin que Bizeul vit descendre vers le moulin, chemin disparu aujourd'hui et qu'on peut placer à l'endroit d'un des sites d'occupation.

Commune de Bourg-des-Comptes

Au bord du Semnon, un "bombé" est signalé par le CERAPAR à l'ouest de la Pitoulais [15, p. 8]. La voie se dirige vers le village de La Chaussée [4, p. 35] en restant à l'ouest où dans un pré, un cultivateur découvrît des restes de la voie [1, p. 43], Bizeul mentionne à La Chaussée des restes d'occupation antique, indiqué sur l'Atlas des Patrimoines [10]. Elle rejoint ensuite la Haute Rue puis la Basse-Rue [1, p. 43][4, p. 35] au nom évocateur et descend la rampe naturelle au nord ce dernier village vers le Ruisseau de la Chalouzais. Le CERAPAR nous dit que des "traces de passages de roues ont été repérées dans le schiste. Les restes d’un gué sont bien visibles au passage du ruisseau..." et un "curieux ensemble de talus fossés jouxte l’ouest de la voie sur une distance de plus de cent mètres" [16, p. 8].

La voie gravit le plateau sur la rive droite de La Chalouzais et arrive aux Noës [1, p. 46]. Sur tout ce parcours, Bizeul ne trouve traces de la voie, cependant son guide lui confirme que la tradition l'intitule Grand Chemin [1, p. 46]. Les fouilles préventives réalisées par la DRAC lors de la construction de la route de contournement du bourg ont confirmés sa localisation à l'est de ce bourg [3, p. 12]. Le rapport confirme au passage la précision des descriptions [3, p. 14-17] faites par Toulmouche  150 ans plus tôt sur la lande de Bagaron [2, p. 243].

Sur la D77 entre les Noës [1, p. 46][10] et la Touche [4, p. 35], Bizeul n'a aucun doute, la route était en restauration, il a identifié la voie par "la quantité considérable de pierres qui en est sortie, toutes cassées de la grosseur du poing, sorte de macadamisage que j'ai reconnue ailleurs" et cela jusqu'au manoir de la Rivière Chéreil [1, p. 46]. Ce manoir réutilise un site d'occupation antique comme l'indique l'Atlas des Patrimoines [10].

Commune de Laillé

Passé la rivière Hodeillé plus aucune trace, sinon au nord de la GripayBizeul signale un fragment de 200m se dirigeant vers la forêt de Bas-Gourdel ou "Traviguel" [1, p. 47]. Au sud de cette même forêt, le CERAPAR signale qu' "un curage de fossé fait apparaître un bombé jaune-orange sur un fond gris, il peut correspondre à l'ancienne voie" [15, p. 8]. Bizeul ne distingue plus rien après et suppose que la voie peut passer entre les fermes Fresnais et Bas-Gourdel [1, p. 47]. Plus au nord on a conservé la tradition qu'un Grand Chemin qui passerait à l'ouest et tout près bourg de Laillé et suivrait peut-être à l'est de la clôture du parc du Château de Laillé [1, p. 47].

Des sites d'occupation antiques sont mentionnés au nord du bourg au village du Nid à l'est de la D77, à Martigné un peu au nord de cette D77 [17]. Le CERAPAR nous signale des ornières de roulement [18, p. 10] aux Ruelles au nord de Laillé à l'ouest de la D277.

La description de Bizeul de la voie à Laillé

La voie ainsi réparée va jusqu'au manoir de la Rivière Cherel, et franchit tout auprès un ruisseau qui sert de limite aux paroisses de Bourg-des-Comptes et de Laillé. Après ce ruisseau, et en remontant le coteau, on ne trouve plus que le roc mis à nu, qui est une sorte de phyllade grau-wacke. Au haut du chemin, il faut incliner un peu à droite et aller passer tout près et à l'ouest du village de Gripail, au-dessous duquel on rencontre un fragment de la voie de plus de 200 mètres, encore fortement pavé, et se dirigeant au nord. La voie entre ensuite dans une pièce labourée, coupe un chemin vicinal et se rend, au travers d'une pièce de lande, dans le bois de Treviguel, où elle entre tout auprès d'une carrière considérable de grès quartzite, qu'on exploite en ce moment pour paver les quais de Rennes. De cet endroit on juge, par la direction connue et suivie jusqu'ici, que la voie, traversant ce bois et taillis et descendant dans le vallon formé par la réunion de plusieurs ruisseaux, et où il doit être assez difficile de la reconnaître, va passer entre les fermes de la Fresnaye et du Bas-Gourdel, et se dirige vers le bourg de Laillé, en remontant le coteau très boisé et bien cultivé au haut duquel s'allonge la flèche maigre du clocher de cette paroisse.

On a conservé dans cette localité la tradition d'un vieux grand chemin qui passait dans le voisinage, et l'on m'a même indiqué le village du Pasty, à l'ouest à très peu de distance du bourg de Laillé, comme le point où l'on peut reconnaître quelques vestiges de ce vieux grand chemin. On pourrait croire, d'après cela, et en ne quittant point notre direction nord, que la voie aurait longé à l'est les bois dépendant du château de Laillé, et, passant par les villages des Cormiers, de la Clôture et de la Rivière-Bizais; serait allée franchir la rivière de Seiche, au dessous du village de la Haye. Mais je dois avouer que dans ce trajet de 5 kilomètres, je n'ai aucun renseignement précis à présenter. A peu près à moitié chemin, cette ligne laisse à 200 mètres vers l'est le village à chapelle de Teslé, qui est certainement un lieu fort anciennement habité, et qui a donné son nom à une vaste lande qui l'avoisine et qui est traversée par la grande route de Rennes à Nantes. Je présume qu'une partie de la ligne que j'indique doit servir de limite entre les paroisses de Brutz et de Saint-Erblon. Nous allons bientôt nous guider vers Rennes à l'aide de remarques analogues.
Localisation probable de la voie romaine au sud-ouest du bourg de Laillé

D'après la description de Bizeul, la voie romaine pourrait correspondre au chemin de grande largeur, orienté nord-sud et figuré sur la section F1 du cadastre de 1832 de Laillé, au sud-ouest du bourg. Sur le cadastre en usage en 2025 (feuille 000L12), c'est un chemin qu'on peut suivre au sud de la Résidence de la Châtaigneraie sur les parcelles très allongées 77, 67, 68, 52 et 16. Plus au sud, la voie devait suivre des limites de parcelles et rejoindre l'actuelle D77 au franchissement du Ruisseau du Rachat, après avoir traversé la Bouessette.

Au nord de Laillé, le tracé de la voie reste approximatif jusqu'à Rennes.

En limite des communes de Bruz, Pont-Péan et Chartres-de-Bretagne

D'après Bizeul, la voie suivrait approximativement la limite de ces communes après être passée peut-être aux Ruelles. Elle longerait les villages des Cormiers, de La Clôture et de Rivière-Bizais puis franchirait la Seiche en dessous du village de la Haye [1, p. 47]. Le village de Bizais actuel ne semble pas correspondre, il est à 2km en aval du point de passage mentionné par Bizeul. Pourtant ce village est mentionné sur la carte de Cassini bien à l'est comme nous l'indique notre archéologue, alors erreur de cartographie ou bien un village déplacé, à vérifier d'autant que le Bizais actuel est mentionné comme un site d'occupation antique [17]. Pourtant tous les autres villages concordent avec les Cartes d'état Major (1820-1860) et la carte IGN actuelle. Pourtant après avoir traversé la Seiche, Bizeul dit que la voie suivrait la limite entre Bruz et Chartres, indiquant que le village de la Haye avait été de tout temps scindé entre ces deux communes, chose singulière [1, p. 48] qu'il nous avait déjà fait remarqué sur la section .

La limite actuelle des communes de Bruz et Chartres concordent, mais pas celle de la carte d'Etat-Major. Il faudrait donc retrouver l'historique de ces communes pour confirmer l'information. Cependant après avoir collecté quelques informations auprès des locaux, Bizeul nous apprend finalement qu'une vieille route sans pouvoir confirmer son ancienneté traversait la Seiche à 300 ou 400m en aval de Pont-Péan [1, p. 49] et passait au bourg de la Haye. Cette voie existait encore au moment où on fit construire la nouvelle Route de Nantes par le Pont-Péan pendant le gouvernement du Duc D'Aiguillon (1753-1768).

La voie laisserait à l'est la Chaussairie [1, p. 49] qui a pu recevoir son nom de la voie elle-même. Selon Bizeul, la voie allait rejoindre très haut la route actuelle, la D887 au droit de la Maison du Marais [1, p. 49] en limite avec Noyal-Châtillon. Dans toute cette zone, Bizeul peine à reconnaitre la voie, le pays est cultivé depuis bien longtemps et en a effacé toute traces [1, p. 49]. Toulmouche nous signale qu'un certain M. De Penhouet habitant de Bruz aurait découvert à peu de distance de la route actuelle des fragments de la voie [2, p. 215], à l'ouest semble-t-il, mais cela n'est pas mentionné.

Les découvertes archéologiques peuvent nous indiquer des zones à étudier, la voie servant de colonne vertébrale aux implantations rurales, des sites funéraires peuvent y être implantés à proximité ou à une certaine distance. Voici le détail dans les communes suivantes.

Commune de Bruz

Les fouilles préventives effectuées par la DRAC Bretagne sur cette commune écartent tout passage de la voie entre Fenicat et le rond-point de la Haye de Pan et sur les terres du Butoir. Mais entre les deux rien n'empêche de supposer son passage d'autant qu'on y trouva une villa sur Fenicat même. Un site de gisement minier de surface est mentionné à Doublé près de la D44. Vous pourrez consulter les comptes-rendus des interventions de la DRAC en utilisant le pointeur "Info" sur l'Atlas des Patrimoine [19].

Commune de Chartres-de-Bretagne

De même sur cette commune la DRAC [19] écartent tout passage de la voie près de l'Avenue de la Chaussairie au lieu-dit Les Peupliers. L'Atlas des Patrimoine [19] indique un site funéraire antique à 100m à l'est du cimetière de Violette sur la D887, toponyme à vérifier.

De part et d'autre du Chemin du Pin et des Touches ont été effectuées des fouilles. Une occupation antique est attestée à l'est du chemin et à l'ouest de la Retenue, mais aucune voie n'a été détectée sur toute les zones fouillées. Si les fouilles ont atteint le bord des routes et chemins actuels, les rapports ne mentionnent pas de fossés relatifs à une voie. Si on signale le réemploi de pierre dans les murs de la chapelle de Fontenay, et la découverte d'une monnaie antique, les fouilles aux alentours sont négatives pour cette période.

Cependant, Banéat pense qu'une voie venant de Rennes passe très près de la chapelle de Fontenay et descend au sud vers l'ancien bourg de Chartres [4, p. 34] et va traverser la Seiche en amont du pont actuel [4, p. 34].

Commune de Pont-Péan

Banéat pense contrairement à Bizeul que la voie traverse la Seiche plutôt en amont du Pont-Péan et coupe la D887 à 800m au sud du pont [4, p. 35] et après avoir suivi un chemin rural de 1200m, elle rejoint la route de Laillé [4, p. 35].

En limite des communes de Chartres-de-Bretagne, Saint-Jacques-de-la-Lande et de Noyal-Châtillon-sur-Seiche

D'après Bizeul, la voie suivrait depuis la Maison du Marais la route D887 au moins jusqu'au pont de Blône ou "Blaune" [1, p. 49], une rivière actuellement canalisée le long de la N136 - le périphérique sud de Rennes.

Dans le rapport des fouilles effectuées aux nord de la ZAC de Mivoie à l'ouest de D887 [19], la même hypothèse est proposée. De plus dans la zone fouillée au Vallon à l'est de cette même route et présenté dans ce même rapport, a été découvert une nécropole antique. Plus au sud et du même côté de la route un site funéraire isolé a été dans la zone de fret de la Touche Tizon [19].

Banéat ferait passer la voie qui vient de Fontenay [4, p. 34] plutôt à l'est de la zone de fret de la Touche et au milieu de la zone fouillée du Vallon. et rejoindrait la D887 un peu avant le pont de Blône.

Commune de Rennes

Pour suivre Toulmouche et Bizeul dans la traversée de la ville, il faut se téléporter au XIXe siècle en consultant les archives numérisées du département d'Ille et Vilaine, tantôt le cadastre de 1809 pour le Faubourg de Nantes tantôt celui de 1842 pour le centre-ville [20].

La ville gallo-romaine de Rennes, Condate était dépourvue de remparts jusqu'au milieu du IIIe siècle (voir ). C'était une ville ouverte bâtie selon un plan comme on put le démontrer les différentes fouilles effectuées en centre-ville dont la dernière au couvent des . La connexion des routes romaines aux voies de la cité se faisaient généralement sur un des cardines ou des decumani. Les routes venaient fusionner ou juste à l'entrée de la cité et formaient souvent une "patte d'oie" ou plus loin et formaient de simples bifurcations [2, p. 220]. Toulmouche après avoir énuméré les dix voies qui rayonnent autour de la cité [2, p. 214-218], pense que les quatre portes de l'enceinte gallo-romaine du IIIe ont été construites à l'emplacement de ces voies principales [2, p. 218]. "L’enceinte du Bas-Empire est restée la seule véritable fortification de la ville jusqu’à son déclassement au début du XVe siècle" [21, p. 157].

La porte sud dite Aivière ou Aquaria étaient l'une d'elles, et la voie de Nantes en partait [1, p. 50][2, p. 225], la Vilaine coulait à ses pieds [21, p. 160]. La porte était située tout près de la chapelle Saint-Yves, dans l'axe de la rue des Lauriers [2, p. 228] (plan A5 de 1842 [20]) tout près de la cathédrale, l'actuelle rue Georges Dottin.

La voie filait plein sud par le quartier Champ-Dolent [1, p. 50][2, p. 227], plan D3, situé au sud de l'enceinte gallo-romaine et intégré dans l'enceinte du XVe siècle. L'actuel Boulevard de la Liberté a été tracé sur le remblaiement du fossé de cette nouvelle enceinte. La voie continuait au sud et passait à l'est de l'Arsenal [1, p. 50] [2, p. 227], voir le plan D4 en suivant le tracé du futur Boulevard de la Tour d'Auvergne.

Elle rejoignait ensuite la rue de Nantes à la Tellais [1, p. 50], plan C1, carrefour actuel avec la rue Tiercelin. Un indice intéressant sur cette dernière planche du cadastre, deux toponymes évocateurs: le Champ du Pavé et La Manciau [20] situé au sud de l'actuelle rue du Puits-Jacob. Bizeul nous signale que la voie pourrait passer près de l'ancienne chapelle de la Madeleine [1, p. 50] qui était une léproserie [22] au Xe siècle, elle était située au 169 de la rue de Nantes.

Deux possibilités se présente ensuite. Soit la voie suivait la rue de Nantes jusqu'au pont de Blône et faisait donc un coude au pont. Soit elle filait plein sud depuis la Tellais, passait à l'est de la Madeleine et au milieu du Champ du Pavé, longeait l'avenue de Bréquigny où se trouvait un ancien château du XVIIe, puis rejoignait le pont de Blône.

Références

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  2. Adolphe Toulmouche.Histoire archéologique de l'époque gallo-romaine de la ville de Rennes. pp. 325. Jausion. Paris. 1847. Document/Bibliographie disponible sur http://books.google.fr
  3. Gilles Leroux."Bourg-des-Comptes (35). Liaison RD 38-RD 48. Déviation routière 3ème tranche. Rapport de diagnostic" - Institut National de Recherches Archéologiques Préventives. pp. 24. 1998. Document disponible sur http://bibliotheque.numerique.sra-bretagne.fr/
  4. Paul Banéat."Voie de Rennes (Condate) à Nantes (Condivicnum)" - Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine. pp. 34-39. 1927. Document disponible sur http://gallica.bnf.fr
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