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La voie romaine de Nantes à Angers




Dernière mise à jour 11 septembre 2018

Commune de Carquefou

Comme l'indique le toponyme le Vieux Grand Chemin, la voie romaine pouvait passer légèrement au nord de l'actuelle D723.

Commune de Couffé

Dans son Dictionnaire de Bretagne, Ogée parle de la voie :

« A peu de distance du bourg on trouve les vestiges d'un chemin pavé. Il traverse la rivière du Hâvre à l'endroit nommé le Pont-Noyer ou Noyé, où l'on voit son pavé dans le lit même de la rivière. Il traverse aussi les grandes landes de Couffé pour aller à Ancenis. » [1, p. 209]

Communes de Montrelais

Les informations sur Montrelais ont été fournies par Dimitri Bourget :

La voie est relativement bien conservée sur Montrelais. C'est un chemin de terre entre Varades et Montrelais. Elle devenue route communale entre Montrelais et Ingrandes. Elle passe le Pont de la Grée (Arche de la Grée sur le cadastre napoléonien), puis contourne le marais de Bray par le sud. A la limite d'Ingrandes, elle a été coupée vers 1850 par la voie SNCF Angers-Nantes et la création d'un passage à niveau resté en usage jusqu'aux années 1970. Près de la limite de Montrelais et de Varades, on distingue encore les trois fossés de la voie.

Au sud-ouest de Monrelais, la voie passait directement sur la roche. Les chariots romains, ou bien ceux du roi François Ier, de la Reine Claude et de la cour venant d'Angers et passant à Montrelais début août 1518, ont peut-être contribué à creuser les saignées qu'on peut encore voir.

Partant précitamment d'Angers le 1er août 1518 à cause d'une peste qui commençait à sévir, le roi François Ier décide de se rendre en Bretagne, dont son épouse Claude, fille d’Anne de Bretagne, était duchesse. Le roi et sa cour passent par Montrelais, devant le château de Vair, et font étape à Ancenis. Le 8 août ils arrivent au château ducal de Nantes où ils sont accueillis en grande pompe par le maréchal de Rieux. L'épidémie étant arrivée à Nantes, ils repartent dès le lendemain et décident de revenir au château de Vair pour protéger la reine, enceinte du futur Henri II. La reine et la cour restent au château de Vair pendant que le roi voyage à travers la Bretagne. Jean-François de Cardonne avait acheté le château du Plessis de Ver en 1496. Général des finances, il a modernisé et fortifié le château, ce qui lui permet d'accueillir le roi et la reine pendant deux mois en 1518. François Ier revient à Vair début octobre et repart pour Paris le 15.

Commune de Savennières

L. Bizeul cite un texte écrit de Guillaume Le Breton, continuateur de la chronique de Rigord, historien de Philippe-Auguste, qui indique que le chemin public de Nantes à Angers passait près de la Roche-aux-Moines [2, p. 144]. Le texte de Guillaume Le Breton est traduit en français sur http://remacle.org :

L'an de l'Incarnation du Seigneur 1214, Jean, roi d'Angleterre, fit entourer d'un mur, des deux côtés, jusqu'à la Mayenne la ville d'Angers, dont il s'était emparé. Comme il avait mis peu de temps à prendre ledit château, et voyant la fortune lui sourire, il présuma que par le secours des Aquitains et des Poitevins il pourrait facilement recouvrer le reste du pays et assiéger un château appelé la Roche au Moine. Ce château avait été récemment construit par Guillaume des Roches, sénéchal de l'Anjou, homme brave, d’une intègre fidélité et éprouvé dans les combats, afin de défendre le passage qui mène d'Angers vers la ville de Nantes ; car, avant que ce rocher eût été fortifié, des pillards passaient par le fleuve de la Loire, d'un château inexpugnable nommé Rochefort, et situé de l'autre côté de la Loire. Ce château appartenait à Pains, surnommé de Rochefort, homme très brave, mais livré aux rapines et au pillage de ses voisins. Ces pillards dépouillaient tous les gens qui faisaient route par cette voie publique (stratam illam publicam), et harcelaient tous les laboureurs. Le roi Jean mit le siège devant ce château, dressa des pierriers et autres machines de guerre, et commença à l'attaquer vivement [3].

Un itinéraire direct entre Champtocé et Angers ?

Un itinéraire gallo-romain longeant la Loire entre Champtocé et Angers est possible par la Possonnière et Savennières. C'est là qu'on trouve le plus de vestiges gallo-romains .

Toutefois, entre Champtocé et Angers, la Loire décrit une large courbe vers le sud et on peut se demander s'il n'existait pas un itinéraire plus direct.

Avant la construction de la nouvelle nouvelle route au XVIIIe siècle (actuelle D723), la grande route de Nantes à Angers passait par le bourg de Saint-Martin-du-Fouilloux . C'est le "Vieux chemin de St-Georges à Angers" dans le cadastre de Saint-Martin-du-Fouilloux de 1835 (tableau d'assemblage) [4].

Sur la commune de Saint-Martin-du-Fouilloux, au sud de la Forêt de Bécon, la Carte archéologique de la Gaule indique une ancienne voie qui suit la limite de Saint-Léger-des-Bois, et qui a pu être observée en 1977 avec ses fossés [5, p.132]. C'est l'"Ancienne charrière pavée" dans le cadastre de St-Martin-du-Fouilloux de 1835 (section A1).

Sur les photos aériennes de 1949 [6], on peut la suivre vers le nord-est dans la Forêt de Linières, à la Croix de Lorraine et aux Croix Neuves. Dans la zone industrielle d'Angers-Beaucouzé, les photos aériennes montrent les fossés de la voie. Plus à l'est, elle passe par la Grande Barre et Saint-Jacques avant d'aller se fondre dans la voie Rennes-Angers et de franchir la Maine. L'itinéraire est pratiquement rectiligne entre la Forêt de Bécon et Angers.


La voie dans la zone industrielle d'Angers-Beaucouzé

A l'ouest de la forêt de Bécon, on a deux possibilités. La voie pouvait suivre une direction plein ouest, ce qui pourrait la mener vers Nort-sur-Erdre. Elle pouvait aussi continuer dans sa direction initiale vers le sud-ouest, et rejoindre la Loire près de Champtocé.

 

Y. Autret
Août 2018

Références

  1. Jean Ogée. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nouvelle édition revue et augmenté par A. Martinville et P. Varin. Tome I 1843. En ligne sur https://books.google.fr/books?id=KZIPAAAAQAAJ
  2. L. Bizeul. Voie romaine de Nantes à Angers. Mémoires de la Société royale académique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure. 1837 8, pp. 135-150. En ligne sur https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2073580
  3. GUILLAUME LE BRETON. VIE DE PHILIPPE AUGUSTE (partie II). En ligne sur http://remacle.org/bloodwolf/historiens/guillaumelebreton/philippe2.htm
  4. Archives départementales du Maine-et-Loire. Cadastre napoléonien. En ligne sur https://www.archives49.fr/acces-directs/archives-en-ligne
  5. M. Provost. Carte archéologique de la Gaule Maine-et-Loire 49. Edition Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Paris 1988. 176 pages.
  6. Photo aériennes IGN 1950-1965. En ligne sur http://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-3.062940&y=48.070046&z=8&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&layer2=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS.1950-1965&mode=doubleMap